Mémoires d'outre-siècle, tome 1 : D'une

Mémoires d'outre-siècle, tome 1 : D'une résistance à l'autre Ces M moires sont la d monstration resplendissante que l engagement se vit au quotidien, s exerce au quotidien, se remet en cause au quotidien Aussi lumineuse que son mari, Jeannette Bouissou qu il a pous en, la compagne compagnon de cette vie d engagement et de r sistance, n prouve aucun doute quant la victoire de l esprit et de la vie, puisqu elle assume all grement sept maternit s sans qu aucune ne soit pr texte choisir le confort et la s curit au prix d un quelconque silence ou de la moindre compromission En , en zone sud Bourg en Bresse o il est professeur de premi re , le cin ma de la ville projette le film de propagande Le Juif S ss Mandouze, avec un coll gue et accompagn de quelques l ves va manifester devant la salle de cin ma il est emmen au commissariat C est d une certaine fa on l entr e en r sistance de l homme avec toutes ses composantes le Fran ais, le professeur, l ducateur, le mari, le p re de famille, l homme de gauche, le chr tien port par une foi vivante et ind fectible, pour qui l amour du Christ se conjugue avec l amour de l homme, celui du faible contre le plus fort, celui qui a besoin d une vie spirituelle et non pas seulement du confort petit bourgeois, celui pour qui les notions de Libert , galit , Fraternit , r sonnent dans leur sens le plus fort, non perverti Je me suis donc trouv automatiquement, si je puis dire, diffuseur du premier num ro du T moignage Chr tien paru en novembre , France, prends garde de perdre ton me, puis bient t responsable d partemental de la diffusion de TC dans le Var A Mandouze D but de , c est la rencontre avec le P re Chaillet, cr ateur et fondateur de T moignage Chr tien, dont il devient tr s vite le directeur adjoint, puis r dacteur en chef des Cahiers du T moignage Chr tien clandestins Il convaincra le P re Chaillet que TC doit continuer apr s la Lib ration, et c est lui qui en assumera la r daction en chef, lui qui en fera un journal moderne d o sortiront plusieurs g n rations de tr s grands journalistes En , le d bat sur l opportunit de collaborer avec les communistes l oppose de plus en plus ceux pour qui il n y a aucun dialogue possible entre ceux qui croient au ciel et ceux qui n y croient pas Il donne sa d mission du journal Il s embarque alors pour l Alg rie, sans savoir que commence ainsi cette deuxi me r sistance , contre le colonialisme qui humilie les hommes plut t que de les lever Il y s journera jusqu en , s engageant totalement aux c t s des Alg riens et du FLN Il signera le Manifeste des , conna tra la prison pour trahison envers la patrie , sera une des b tes noires de l OAS Sa g n rosit , son sens de la fraternit lui ont tr s t t fait comprendre quelles seraient les solutions pour viter la guerre Las Apr s l ind pendance, il retournera en Alg rie en tant que directeur de l enseignement sup rieur et y restera cinq ans l heure actuelle, avec la main mise des int gristes sur le pays, il est hors de question qu il puisse y remettre les pieds sous peine d assassinat Pourtant, on a donn son nom l une des montagnes autour de Tipaza, o il avait si souvent emmen ses tudiants pour faire du latin et du ski , et du latin et de la natationN enBordeaux, t moin engag s il en est, Andr Mandouze fut toujours en premi re ligne dans tous les combats mener au cours de ce XXe si cle pour la d fense de la vie contre la mort, de l intelligence contre la b tise, du respect de l homme contre la n gation de l homme il fut et il reste rebelle tous les conformismes de pens e et de l chet comme toutes les compromissions Normalien, professeur, latiniste sp cialiste de Saint Augustin, chr tien de gauche, r sistant non seulement au cours de la p riode officielle de la R sistance, mais aussi apr s, quand la scission interviendra entre chr tiens dits de gauche et les autres, puis en Alg rie, o il arrive enLa lucidit , la g n rosit , l amour du prochain qui sont les fondements de sa foi, lui distillent une curiosit insatiable pour l tre humain, qui va tr s vite lui faire prendre la mesure du fait colonialiste la France ne regarde pas les Alg riens comme des individus part enti re et cela m ne in vitablement la catastrophe, la guerre

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